Il y a une question qu’on nous pose plus souvent que toutes les autres depuis l’annonce de la date de sortie, et elle n’a rien à voir avec les créatures légendaires ou la boutique : est-ce qu’on peut jouer à Aniimo tout seul ? La demande est légitime. Le genre de la capture de créatures s’est construit sur des expériences solitaires, et Aniimo arrive avec un discours résolument social. À une semaine du lancement, voici ce que le jeu prévoit réellement pour ceux qui n’ont ni groupe d’amis ni envie de coordonner leurs soirées.
Un jeu pensé pour être joué à plusieurs, il faut l’admettre
Autant partir de la réalité plutôt que de la contourner. Aniimo est décrit par son éditeur comme un monde ouvert coopératif jouable jusqu’à quatre joueurs, et sa fiche Steam met en avant le multijoueur multiplateforme, le PvP et la coopération en ligne. Le mode compétitif vedette, Operation: Egg Heist, se joue en équipes de trois. Rien de tout cela ne relève de l’option décorative : c’est la colonne vertébrale de la proposition.
Lors de son Developer Preview, le studio avait d’ailleurs longuement insisté sur son arsenal d’outils sociaux : la possibilité d’appeler des joueurs à l’aide, d’inviter quelqu’un dans son monde, de repérer les joueurs proches ou de faire venir instantanément un allié à sa position. Ces fonctions portaient alors des noms d’objets, cor et flûte notamment. Nous n’avons pas la confirmation que ces intitulés seront exactement ceux de la version finale, mais l’intention, elle, ne fait aucun doute.
Ce que le studio a ajouté pour les joueurs solitaires
Et pourtant, la lettre publiée par l’équipe de développement avant le lancement contient plusieurs décisions qui vont franchement dans le sens du joueur solo. On peut même dire qu’elles dessinent une correction de trajectoire.
La plus parlante concerne le Holo-Battle Interlink, qui accepte désormais des coéquipiers contrôlés par l’intelligence artificielle. Traduction concrète : une activité qui réclamait auparavant des partenaires humains devient franchissable sans attendre que quelqu’un se connecte. C’est exactement le type d’ajustement qu’un joueur solo espère voir, et sa présence dans la version de lancement plutôt que dans une mise à jour lointaine est un bon signal.
Le studio a également introduit des affrontements de type Pathfinder Challenge, des revanches contre des personnages non joueurs. Là encore, l’intérêt pour qui joue seul est évident : cela installe une boucle de fin de jeu où l’on teste ses équipes contre l’IA, sans dépendre du calendrier des autres.
Ajoutons deux chantiers moins spectaculaires mais tout aussi utiles. Le guidage des quêtes a été entièrement retravaillé, le studio évoquant explicitement la correction d’objectifs vagues et de blocages de progression. Et des voix multilingues ont été ajoutées sur la trame principale. Ces deux points comptent double pour un joueur solitaire : quand on avance sans personne pour expliquer où aller, la clarté de la narration n’est plus un confort, c’est la condition pour ne pas décrocher.
Enfin, la refonte de la capture des créatures légendaires, que nous avons détaillée dans notre article sur les Irisalis et l’abandon du tirage aléatoire, transforme ces rencontres en objectifs narratifs personnels, alimentés par l’exploration et la progression dans l’histoire. Difficile de faire plus favorable au joueur seul.
Le vrai point de friction : Egg Heist
Reste l’obstacle, et il est réel. Operation: Egg Heist est conçu pour des équipes de trois joueurs, et le studio l’a encore étoffé avant la sortie, avec davantage de types d’œufs récupérables et un mode de haute difficulté baptisé Chaos Mode. C’est manifestement un pilier du jeu, comme nous l’avions anticipé dans notre article sur la feuille de route et le mode Egg Heist.
Le point que nous ne pouvons pas trancher, faute de source fiable, c’est le fonctionnement de la recherche automatique de coéquipiers. Rien dans la communication officielle ne précise si un joueur seul sera apparié avec des inconnus, ni si des coéquipiers IA seront acceptés dans ce mode comme ils le sont désormais dans le Holo-Battle Interlink. Nous préférons le dire franchement : si vous jouez seul et que ce mode vous intéresse, c’est l’inconnue majeure de votre lancement.
Deuxième inconnue, liée à la première : personne n’a précisé si des ressources indispensables à la progression seront exclusives à ce mode. C’est la question qui décide vraiment si l’on peut jouer solo à Aniimo, ou seulement en jouer une partie.
Le Homeland, refuge naturel du joueur seul
À l’inverse, tout le volet base personnelle semble taillé pour une pratique tranquille. Le studio a annoncé un Homeland élargi, avec une carte multizones, la construction de maison, davantage de mobilier et un partage de décors par codes. Les envois de la caravane peuvent par ailleurs produire des œufs à trait Prismana, ce qui donne au joueur solitaire une source de créatures rares qui ne dépend de personne.
Notre article sur le système Homeland détaillait déjà cette dimension gestion. Elle prend une tout autre importance quand on aborde le jeu seul : c’est le contenu qui ne vous fera jamais attendre après quelqu’un.
Checklist du joueur solo pour bien démarrer le 16 septembre
- Traitez la trame principale comme votre priorité absolue : c’est elle qui alimente la progression, le guidage retravaillé et les jetons menant aux créatures légendaires.
- Investissez tôt dans le Homeland et les envois de caravane : c’est votre seule source de ressources qui tourne sans coéquipier.
- Testez le Holo-Battle Interlink avec des coéquipiers IA avant de conclure que le contenu de groupe vous est fermé.
- Gardez le Pathfinder Challenge en réserve pour tester vos équipes quand la campagne s’essouffle, plutôt que de vous forcer au PvP.
- Vérifiez dès le premier jour si Egg Heist propose un appariement automatique : cette information conditionne la suite de votre progression.
- Ne construisez pas votre collection autour d’une créature dont vous ignorez si elle s’obtient uniquement en multijoueur.
Notre position
Sur le papier, Aniimo se joue seul du début à la fin de sa campagne, et le studio a visiblement entendu les retours en ajoutant de l’IA là où il fallait des humains. Mais il serait malhonnête de promettre une expérience solo complète tant que l’on ignore comment Egg Heist accueille les joueurs isolés et ce qu’il verrouille derrière ses équipes de trois.
Notre conseil, à une semaine du lancement, tient en une phrase : lancez-vous sans crainte si l’aventure et la collection vous suffisent, mais réservez votre jugement sur la fin de jeu jusqu’à ce que la communauté ait défriché le terrain. Nous reviendrons sur ce point précis une fois les serveurs ouverts.
